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Coutume : L'épluchette
Chez nos ancêtres, on s'entraidait et les travaux obligatoires étaient souvent un moment propice à faire la fête. On les appelait "corvée" ou encore "bis". Chaque voisin ou connaissance venait donner l'aide nécessaire à l'accomplissment de certaines tâches.
Par exemple, après la récolte du maïs appelé blé d'Inde, on se réunissait pour faire l'épluchette. On entassait un énorme tas, souvent dans la cuisine ou dans une autre pièce ou encore dans la cour et au signal, chacun s'y donnait à coeur joie. On retrouvait du blé d'Inde partout.
France Bolduc
Chacun y allait le coeur plein de joie. Les garçons et les filles étaient assis un peu partout... sur des épis de maïs en se reluquant et les jeunes gens essayaient de s'approcher de leur bien-aimée. La bonne humeur régnait. On racontait des histoires, on faisaient de blagues, certains lançaient des épis pour déranger les amoureux qui se regardaient avec des yeux doux.
Tous mettaient beaucoup d'ardeur à éplucher le blé d'Inde puisqu'on espérait trouver les épis rouges qui étaient rares, ce qui permettait au chanceux d'embrasser l'élue de son coeur. Les jeunes gens cachaient parfois l'épi trouvé pour faire languir leur amoureuses ou criaient en se dirigeant vers leurs bien-aimée qui rougissaient à mesure que le chanceux s'approchait d'elle. Les jeunes filles qui trouvaient l'épi le donnait souvent en cachette à l'élu de son coeur. Il n'est pas rare que ces petites fêtes conduisent à un mariage.
Ensuite, pendant que les jeunes s'en donnaient à coeur joie, les femmes faisaient chauffer l'eau dans de grands chaudrons et faisaient cuire les plus beaux épis. Les autres épis étaient ensuite tressés et accrochés pour être séchés. Puis, on égrénait les épis secs et on mettaient les grains secs dans des sacs pour les utiliser plus tard.
Finalement, on réveillonnait de soupe aux pois, de cretons, de ragoût de boulettes ou de tourtières et bien entendu d'épis de blé d'Inde pour se terminer par des tartes et de crème fraîche.
On finissait la soirée par des chansons, des danses au son des cuillers (simples cuillers de cuisine qu'on plaçait entre les doigts pour produire un rythme, du violon, de l'harmonica aussi appelé ruine-babines, de bombardes et de l'accordéon jusqu'aux petites heures du matin.
Une épluchette de blé d'Inde, Joseph Edmond Massicotte, 1875-1929