La Sainte-Catherine

Connaissez-vous l'origine de la tire de la Sainte-Catherine?

Eh bien!  on dit qu'au début de la colonie, Marguerite Bourgeoys est venue de France pour enseigner aux enfants de la Nouvelle-France.  Il paraîtrait aussi que pour remémorer la fête de l'ouverture de la première école, elle donnait aux enfants des bonbons, pralines, nougats...   Or, elle faisait venir ces friandises de France, mais une année, le bateau était en retard.  Elle dut donc trouver un moyen pour récompenser ses élèves.  C'est alors qu'elle inventa la tire qu'elle distribua à ses élèves.

Elle imagina une recette qui consistait à faire bouillir de la mélasse, à la faire refroidir.  Il ne restait plus qu'à l'étirer pour lui donner la belle couleur blonde qu'on lui connait.  On appela ce bonbon:  tire Sainte-Catherine, en l'honneur de la sainte qu'on fêtait ce jour-là.

En Normandie, on fêtait aussi la Sainte-Catherine.  Le 25 novembre, on décorait la statue de Sainte-Catherine;  on la revêtait de vêtements à la mode dans le pays.  Les filles qui étaient âgées de 25 ans et qui n'étaient pas mariées étaient coiffées Sainte-Catherine.  On leur donnait le nom de vieilles filles.  Sainte-Catherine devint donc la patronne des filles agées de plus de 30 ans qui n'avaient pas encore trouvé de mari.

Autrefois, on fêtait la Sainte-Catherine dans les maisons québécoises en faisant de la tire.  Les femmes préparaient des virtuailles et les "fêteux" s'en donnaient à coeur joie.  Tout le monde dansait des gigues, des cotillons, des reels et même des menuets.

Les jeunes filles en profitaient pour se trouver un mari de peur de coiffer Sainte-Catherine.
 

Texte inspiré de Yvon Desautels, Les coutumes de nos ancêtres, Editions Paulines,1984.