(Fait vécu par une religieuse missionnaire)
C'était le 24 décembre!
Il avait plu toute la journée - de la boue,
Il y en avait
Après avoir travaillé toute la journée à préparer les enfants et les adultes
pour la messe de minuit je m'étais rendue avec certains d'entre eux au lieu
où la messe de Noël devait être célébrée.
Ne pouvant avancer, j'avais pu à force d'enjamber par-dessus les gens qui étaient assis par terre, arriver à me placer dans un coin. Je ne voyais pas tellement car la pièce de forme rectangulaire n'était éclairée que par deux fanaux. Regardant en arrière, en avant, sur les côtés, je ne pouvais distinguer que des têtes à cheveux crépus ou recouvertes de turbans. Tout le reste se perdait dans l'ombre. L'humidité faisait ressortir le parfum du plancher de terre, qui avait été ciré avec de la bouse de vache.
Les yeux fermés, je revoyais l'Amérique dans tout l'éclat et la splendeur de Noël: les lumières, les arbres de Noël, la joie des enfants, des parents, les mots choisis, etc. Je me suis ouvert les yeux de nouveau, et encore ce n'était que de la noirceur qui m'entourait.
Quelques semaines avant, une amie qui m'était chère, avait quitté ce pays de mission pour revenir au Canada et avant son départ, je lui disais: "Comme tu es chanceuse, tu vas pouvoir revoir et fêter avec tes parents, tes amis". Elle me répondit avec un air triste: "Oui, mais ce ne sera pas Noël. Nos gens ne savent pas ce que c'est Noël. Pour eux, tous se réduit aux plaisirs. Noël, c'est ici! Dans la pauvreté et la paix. Ici, c'est la saison des pluies; tout renaît, la nature est remplie de vie. En Amérique, c'est l'hiver, la nature n'a plus de vie."
Pendant que je me rappelais ces pensées, j'entendais la foule chanter de tout coeur, en chitumbuka (dialecte des Africains) "Il est né le divin Enfant!" Je me suis ressaisie et j'ai remercié l'Enfant Jésus de m'avoir appelé à être missionnaire et à goûter avec les pauvres de Yahvé ce qu'est vraiment Noël!
Claudette Bouchard, m.
i. c.
Avec beaucoup de bruit
En Allemagne. Noël commence avec l'Avent. lorsqu'apparaît dans les maisons la couronne de branches vertes où l'on a fixé quatre bougies. Le premier dimanche de l'Avent, on allume la première bougie. la deuxième. le deuxième dimanche, et ainsi de suite. Et puis. il y a la surprise du soir de Noël, quand apparaît un messager qui se présente au nom du «Christ-Kind" Jésus; c'est un enfant vêtu de blanc, comme un ange avec des ailes dorées dans le dos et qui agite une clochette. A ce signal. on sait que c'est vraiment Noël.
Il y a eu aussi, le jeudi
avant Noël, Klöpfelnacht. C'est la "nuit bruyante", où des gens
portant sur la figure des masques terrifiants, vont de maison en maison, en
agitant des crécelles. tapent dans les portes. Ils font claquer des fouets
et mènent le plus de vacarme possible. Parfois, ils enfoncent dans la porte
une fourche à laquelle les habitants de la maison accrochent des vivres. Tout
cela est un peu le prétexte pour faire du chahut, mais aussi une façon d'évoquer
Joseph et Marie allant de porte en porte dans Bethléem sans trouver à se loger.
Du plum-pudding et des carols
Prenez 200 grammes de raisins de Corinthe, 250 grammes de graisse de rognon de buf, 175 grammes de cassonade, 75 grammes de citron et d'orange confits, 125 grammes de farine, 125 grammes de mie de pain, 1/4 de litre de rhum, 3 ufs et quelques autres petites choses. Tout cela, convenablement mélangé et cuit pendant assez longtemps, fera une sorte de boule massive et pesante, sans laquelle Noël en Angleterre ne serait pas Noël: le plum-pudding. Même chez la Reine, on mange le plum-pudding le 25 décembre à midi.
Christmas
est célébré aujourd'hui en Grande-Bretagne avec le même enthousiasme que jadis:
le houx, le sapin, la dinde, les cartes de vux, mais aussi une ferveur
véritable. Devenue anglicane, l'Angleterre a conservé de son passé catholique
beaucoup de choses, et par exemple la coutume des carols : des chants de Noël
que les enfants entonnent dans la rue pour obtenir quelques pièces de monnaie.
Il y en a d'innombrables, tous plus charmants, plus émouvants les uns que les
autres.
La mélodie des cantiques de la messe de minuit continue de me ronronner à l'oreille: "Noche buena, noche de pas", "Douce nuit, nuit de paix". Quel sens peuvent bien avoir ces mots pour les gens que je vois ici, sous mes yeux, assis sur des caisses devant leur cambuse, chauffant un peu d'eau dans une boîte de conserve, sur un petit feu entre deux pierres? Impuissant devant tant de misère, je puis au moins y découvrir l'Enfant Dieu de la crèche et me laisser pénétrer de toutes ces souffrances.
Un chrétien en coopération
en Argentine
Noël au soleil
Dans la moitié du globe
qui se trouve au sud de l'Équateur, on vit à l'envers. En tout cas par rapport
à nous. Là-bas, l'été survient au moment de l'hiver chez nous et,
en Australie, Noël tombe en plein été.
Beaucoup de gens sont d'ailleurs
en vacances, en cette période de l'année. Alors on fête Noël au soleil, autour
de la piscine, en faisant un barbecue.
Cela nous semble bizarre, mais ça n'empêche pas les Australiens de célébrer aussi Noël dans la paix. ( Seulement, le pays n'a pas de coutumes de Noël bien affirmées. Il est, en effet, peuplé de gens venus d'Europe, parfois récemment, et chaque nationalité apporte avec elle ses traditions, qu'elles soient protestantes, comme c'est le plus souvent le cas, ou catholiques. Ainsi Noël en Australie est également la fête du souvenir.
Bethléem à Verviers
Souvent, en Belgique, les
plus sympathiques coutumes de Noël n'existent plus qu'au musée. C'est le cas
du Bethléem verviétois. Les vieux habitants de la ville se souviennent de l'avoir
vu dans leur quartier; aujourd'hui, pour le voir, il faut aller au musée communal
de Verviers.
C'est l'histoire de la naissance de Jésus racontée par des marionnettes, mais le théâtre tient dans toute une pièce de la maison. Les personnages ne sont pas très grands; ils sont disposés dans une série de décors successifs, sur des tables, et les visiteurs vont, de table en table, voir une scène après l'autre. Sous les tables, couvertes de nappes qui tombent jusqu'à terre, étaient autrefois cachés des gamins du quartier, chargés de faire bouger les personnages. Enfin, c'est une vieille dame qui racontait l'histoire. en wallon, suivant un texte très ancien, appris par cur, qu'elle tenait de sa mère, laquelle elle-même l'avait reçu de sa propre mère et ainsi de suite, Les personnages, aujourd'hui, sont dans des vitrines et le texte que l'on entend a été enregistré sur une bande magnétique.
Mais l'histoire est toujours
très simple, très familière. On y voit des personnages curieux: le berger qui
montre à Marie et à Joseph le chemin avec son pied. celui qui prépare une soupe
pour Jésus, celui qui est trop paresseux pour se lever... Simple. familier,
ce Noël est donc très proche de la vérité de Noël.
Pour l'Indien de la région de Potosi, Noël est une fête éminemment populaire, favorable au débordement de sa joie; c'est la Fiesta del Nino Salvador: la fête de l'Enfant-Sauveur. Il imagine cet enfant très beau, couché dans une pauvre étable, entouré de toute la création.
La plupart des maisons fêtent le Nino en dressant une crèche dans laquelle on dépose l'Enfant-Dieu, accompagné de la Vierge, de Saint-Joseph, et des trois rois d'Orient; Melchior monté sur un cheval arabe, Gaspar, sur une mule et Balthazar sur un éléphant.
Au fond d'un énorme ravin, des pasteurs et leurs troupeaux de moutons et de chèvres accourent vers l'étable, ça et là, des bufs, des vaches, des poules et sur la cime escarpée d'une montagne, un lion et un tigre veillent sur ce montage symbolique du premier Noël.
L'autel, sur lequel repose la crèche, est entouré de verdure, de jouets et de cadeaux de toutes sortes. On dépose au bas, des boites de fer blanc très rustique dans lesquelles on a semé du trigo (blé). On appelle donc ces boites; triguitos de nino, elles constituent l'ornement le plus typique de la scène. L'important pour l'Indien, c'est que le décor soit joli pour plaire au Nino Salvador.
Puis, avec sa famille, il ira danser, manger, boire et jouer de la musique tout le jour du 25 décembre.
Dès le 24, on fait appel aux membres absents de la famille pour fêter ensemble. Quand celle-ci est au complet, elle forme procession pour se rendre à l'église déjà illuminée. Chacun apporte son Enfant-Jésus couché sur un lit et le dépose près de l'autel pendant la célébration eucharistique. Après la messe de minuit, on ira à la file indienne le faire bénir par le curé à la sacristie.
Alors le cortège reprend le chemin du foyer et, cette fois, les musiciens soutiennent la marche. L'on déguste ensemble la picana, plat savoureux que l'on accompagne de vin et d'autres liqueurs en chantant: "esta bicge es noche bueva, noche de no dormir" ("cette nuit est la bonne nuit, nuit de ne pas dormir") Et voici venue enfin l'heure de la danse devant la crèche.
Les couples se succèdent se tenant par la main et chantant à pleine voix, les villancicos (cantiques de noël). Ensuite, chacun s'exécute en solo. L'indien aime "ses danses"; La Chuntunqui et la Huachitorito surtout.
Dans la Chuntunqui, le martèlement des pieds fait trembler le sol; insensiblement, le danseur accélère la cadence qui devient de plus en plus trépidante. Il tournoie devant l'Enfant-Jésus, accompagné des accords du charango (genre de mandoline) et de ka quena (flûte)
La seconde danse est rythmée de battements des mains, la femme fait retentir les castagnettes et les triangles de métal; elle enroule un mouchoir au cou de son partenaire et le conduit en dansant jusqu'au pied de la crèche. Ils adorent silencieusement pendant que le doyen allume les cierges. Et l'on danse, danse, danse, non seulement jusqu'aux derniers rayons de soleil couchant, mais jusqu'à la fête des rois. Tout le long de cette octave, des groupes d'enfants parcourent les rues de la ville jouant des airs populaires sur leurs pajarillos, sorte de boites de fer blanc à deux petits tuyaux, dans lesquelles on a introduit de l'eau.
Comme on le voit, la danse joue un rôle prédominant pendant la période des Fêtes de Noël; elle est reine! Sans cette réjouissance, les Indiens du département de Potosi ne sauraient rendre gloire à l'Enfant-Sauveur. Les danses de la nativité reflètent la foi simple et naïve de l'Indien de la Bolivie et on peut dire avec raison que la région de Potosi en est un miroir saisissant. Sous tous les cieux, l'Enfant-Sauveur attire à lui des âmes de tous âges, de toutes races, de toutes classes sociales. Ces chrétiens vibrent dans l'allégresse qui éclate en la radieuse journée du 25 décembre.
Céline Trudeau m.i.c.
(Le précurseur, Vil XXV,
no 1, janv-fév, 1968)
Bolivie: La fiesta del Nino Salvador
La Fiesta del Nino Salvador, la fête de l'Enfant Sauveur. C'est le nom, en Bolivie, que les Indiens de la région de Potosi donnent à la Noël. Partout, on construit des crèches, entourées de tous les personnages et de tous les animaux possibles et inimaginables: On voit même, du haut d'une montagne composant le décor, un lion et un tigre participer à la fête! Pas de sapin de Noël, cependant, mais des boîtes de fer blanc, dans lesquelles on a semé du blé, qui ici s'appelle trigo, et c'est pourquoi ces boîtes portent le nom de triguitos de nono.
Le 24, on a battu le rappel de toute la famille, et c'est en cortège que chaque famille part vers l'église illuminée. Chacun apporte son Enfant Jésus: Après la messe, on ira en file indienne faire bénir ces statuettes.
Puis, le cortège rentre à la maison et, cette fois, les musiciens soutiennent la marche. On va manger le picana. C'est le moment des chants: "Cette nuit est la bonne nuit, la nuit où il ne faut pas dormir." C'est surtout le moment de la danse, et particulièrement de la chuntunqui, où les danseurs se succèdent, un à un, devant la crèche, en battant des pieds de plus en plus vite.
Pour les Indiens de la
région de Potosi, il n'y a pas de fête sans ces danses étranges.
Autour du feu
Le jeune Camerounais, qui m'a parlé de Noël dans son village de la brousse, à des dizaines de kilomètres de la ville la plus proche, avait encore les yeux pleins de nostalgie...
Noël, là-bas, c'est vraiment ta fête des enfants. Ils ont un mois de vacances (comme à Pâques) pour qu'ils puissent aider à la récolte du café et des arachides. Mais ils trouvent aussi le temps de jouer et le jeu qu'ils préfèrent consiste à construire, à côté de la case de terre battue et de raphia où vivent leurs parents, leur propre case.
Le soir du 24 décembre, c'est la fête! La place se couvre de monde et de bruit les enfants, toutes les familles en ont beaucoup, accourent de partout. Si c'est l'époque de la pleine lune, celle-ci éclaire les réjouissances. sinon, la lueur du grand feu que l'on allume, en cette période de l'année, il fait frais la nuit, suffira.
Il y aura l'office de
Noël, quelqu'un aura lu la Parole de Dieu. Puis, on chantera et on dansera
toute la nuit, au martèlement du balafon (une série de tambours rendant des
sons différents), au son des cloches et du mvet (une sorte de lyre), dans la
joie fraternelle et dans la chaude lumière des flammes.
Cuba a subi l'influence espagnole dans ses coutumes et traditions.
Dans tous les foyers, on prépare la crèche de Noël et cela dès les premiers jours de décembre. C'est même toute une pièce, le salon ou une chambre à coucher qui sert à loger la crèche. On y voit la Vierge, Joseph et l'Enfant-Jésus qui ont le premier rang. Mais tout le village y est représenté` église, école, maisons, fermes, animaux (chiens, chats, poules, cochons,...) parcs, jardins de fleurs, ponts, ruisseaux...
D'autres crèches de Noël sont en carton, bois, avec personnages de grandeur naturelle à l'extérieur des maisons, soit en avant sur les parterre ou sur le toit des maisons. Ce sont ces crèches extérieures qui deviendront les "Posadas" (maisons de pension pour voyageurs). C'est devant ces crèches que les gens iront faire leur neuvaine préparatoire à la fête de Noël. Ils se rassemblent et viennent en foule dans l les rues en faisant entendre les "maracas", les castagnettes, les clochettes et en chantant tout le long du trajet des chants à L'Enfant-Jésus. A la "Posada", on récite le chapelet, on chante et de nouveau on s'en retourne aux sons joyeux des castagnettes et des "maracas".
Les enfants ne reçoivent pas leurs cadeaux à Noël, mais seulement au Jour des Rois, le 6janvier. Selon la légende transmise du de père en fils, aux enfants cubains, ce sont les trois Rois Mages venant de l'oriente (Orient) qui apportent les cadeaux aux enfants. (Oriente: à l'extrémité de l'île de Cuba, il y a une province très montagneuse portant ce nom).
Fait typique:
Dans la nuit du 31 décembre, les gens se réunissent dans les maisons et aux douze coups de minuit, c'est la coutume de s'empresser de manger douze raisons. Si on y réussit, on est assuré de bonheur et de prospérité durant toute l'année. Ensuite, vient le repas de fête dans lequel le mets principal est un porc qui a été préparé et grillé sur broche durant la journée.
Céline Trudeau, m.i.c.
Cuba: Au temps de Fidel Castro
Un nouveau type de société s'est installé, depuis bientôt vingt ans, à Cuba. Une société que l'on appelle socialiste. Cela n'empêche pas les vieilles traditions de rester vivaces, et notamment celle de Noël.
Dans tous les foyers,
dès le début de décembre, on prépare la crèche. Mais c'est une crèche qui abrite,
outre les personnages habituels, le décor et les habitants du village: on y
voit l'école. les maisons, les fermes, les jardins, les ruisseaux, et aussi
les animaux, les chiens, les poules, les cochons. Parfois on construit des crèches
grandeur nature devant les maisons, dans le jardin, sur la terrasse; c'est là
que les gens viendront s'arrêter, pendant les neuf jours qui précédent la fête.
Pourtant, les enfants ne
reçoivent leurs cadeaux qu'à la Fête des Rois, le 6 janvier. On dit, là-bas.
que les Rois viennent de l'Orient - mais il s'agit de l'Oriente, une province
montagneuse à l'extrémité de l'île, Les Rois Mages de Cuba n'ont
pas à traverser la mer. Ce qui est parfaitement conforme à l'esprit de Noël.
La joie est partout.
Un festin pour les oiseaux
Julenisse porte un ample vêtement de laine écrue, une longue barbe grise et un bonnet rouge. Il vit dans les granges et les fermes, mais il est si petit qu'on ne le voit pas. Longtemps1 il a beaucoup inquiété les gens. On mettait volontiers sur le seuil, à son intention, un bol de lait ou de gruau, histoire de ne pas le vexer. Les paysans, la nuit de Noël, préféraient rester chez eux, afin d'éviter de rencontrer la procession des méchants petits Nisse escortant 0dm, le dieu borgne de l'hiver.
Mais la joie de Noël est, depuis, passée par là. Maintenant, les Nisse sont d'aimables petits bonshommes qui, dit la légende, donnent un coup de main dans les fermes et sont gentils avec les enfants. On continue néanmoins, à tout hasard, à mettre un peu de nourriture sur le pas de la porte.
A l'intérieur, tout se passe autour du sapin scintillant; les parents ont décoré celui-ci en secret, car les enfants ne sont pas admis à le voir avant le soir de Noël. Puis on mange de l'oie rôtie. avec une farce de prunes et de pommes, un pudding de riz avec du sucre et de la cannelle. Une amande est cachée dans le pudding et celui qui la trouve reçoit un cadeau spécial (c'est souvent un grand cochon en massepain). Après le repas, tous ensemble, on chantera autour de l'arbre des chants de Noël.
Peut-être Julenisse écoute-t-il aux portes? Peut-être aussi l'assiette de riz que l'on a déposée devant la porte n'est-elle qu'un reste de vieilles superstitions? A moins, et c'est plus sympathique, que cette façon de faire surtout une manière de penser à l'autre, aux autres, et au visiteur de Noël que chacun attend avec cur!
D'ailleurs, au Danemark,
tout le monde participe à la fête. Même les oiseaux. Pour eux, ce jour-là. dans
les campagnes, on hisse dans un arbre au bout d'un bâton une botte de foin qui
sera leur festin!
Espagne: Noël au son des tambours
En Espagne, aujourd'hui, beaucoup de choses sont en train de changer. La vie y est bien moins rude qu'avant la Révolution de 1936. Mais aussi, depuis la mort du général Franco. un régime plus libre et plus humain s'y est installé.
Ce qui ne change pas. en revanche, c'est la foi profonde de la plus grande partie du peuple. On y fête Noël encore comme autrefois.
Ici, pourtant, les cadeaux qu'ailleurs les enfants reçoivent à Noël ou à la Saint-Nicolas, ils les reçoivent à la fin des vacances, au Dia de los Reyes, à l'Épiphanie.
Les petits Espagnols croient que le voyage des Rois Mages n'est pas encore terminé, qu'ils circulent encore par les routes, et que si les Rois continuent à marcher c'est pour apporter des cadeaux non seule-ment à Jésus, mais à tous les enfants. C'est pourquoi. le soir du 5 janvier, ils vont déposer leurs souliers sur le balcon, en n'oubliant pas dé mettre à côté une poignée de foin ou une tranche de pain pour les hameaux
Cela ne les empêche pas
de fêter aussi Noël. Cela se passe en famille, autour d'une table où le
menu est presque toujours le même, surtout à Madrd: chou rouge, dorade au four,
dinde farcie. Et le turron.
Vous ne connaissez pas?
C'est un massepain qui a toutes les couleurs de l'arc-en-ciel et qui est modelé
de toutes les façons: en forme de fruits, de légumes et d'objets divers.
Ce sont aussi les enfants
qui, ici, annoncent la naissance de Jésus avec des chants qu'ils rythment tapant
sur des tambourins.
Lien: Autour du monde
Les Baux-de-Provence, c'est une ancienne ville ruinée, sur les hauteurs de Marseille, une forteresse qui se dresse sur un éperon rocheux. Les princes des Baux affirment qu'ils descendent de Balthazar, un des Rois Mages, et c'est pour cela qu'une étoile à six branches figure dans leurs armes. Les Baux étaient autrefois une localité importante; aujourd'hui n'y vivent plus que quelques personnes et si, l'été, le village est envahi par les touristes, en hiver, il reste presque vide. Sauf à l'occasion de la messe de Noël, qui a lieu dans la petite église Saint-Vincent.
La procession entre dans l'église, conduite par trois hommes jouant du pipeau et du tambour, tandis que le chur vêtu des vieux costumes d'Arles chante des cantiques. A minuit, le célébrant dépose dans la crèche, une poupée de cire qui représente l'Enfant Jésus. Ce sont les habitants du voisinage qui jouent le rôle de Joseph, de Marie et des anges. Puis un berger, enveloppé d'un grand manteau, apporte le plus beau bélier du village, une cloche autour du cou et remorquant une petite charrette en bois d'olivier. Des arcs de bois où sont fixées des chandelles surmontent la charrette, formant ainsi un baldaquin festonné de rubans rouges et de branches de sapin. Dans la charrette, repose un agneau nouveau-né.
Le berger, avec cet équipage, gagne la nef latérale, derrière d'autres bergers et bergères en costume provençal. Puis, il prend l'agneau sous un bras et, tenant une chandelle à la main, il vient baiser les pieds de la poupée de cire. Il passe ensuite l'agneau à la bergère qui le suit et, ainsi, bergers et bergères viennent l'un après l'autre, rendre hommage à l'Enfant Jésus.
Grèce : Que la pâte soit bonne
Parce que Noël est une époque où tout le monde se sent un peu généreux, les enfants en profitent pour obtenir des cadeaux! En Grèce, par exemple, dans beaucoup de régions, ils vont frapper aux portes en chantant un chant de Noël, Kalanda, qui est destiné à leur rapporter quelques petits cadeaux.
En Epire, il y a une autre
coutume charmante. Les filles vont chercher de l'eau à la source et la
mélange à la farine. Elles allument ensuite une bougie en disant trois
fois: "La lumière apparaît, le Christ est né. Ainsi que ma pâte soit
bonne."
Dans certaines régions
de Grèce encore, on prépare pour Noël un pain spécial auquel on donne la forme
des objets et des animaux de la ferme. Ce pain est cloué au mur de la
maison et il y restera toute l'année.
Lien: Autour du monde
Vers sept heures du soir, le 14 décembre, s'organise les "Posadas" à Champérico, port de mer du Guatemala sur le Pacifique.
Le Guatemala, voisin du Mexique, subit son influence dans sa musique, coutumes, etc. C'est pourquoi, on retrouve au pays, cette coutume des "Posadas" déjà établie depuis plusieurs années au Mexique.
Au Guatemala, on prépare le Brancard à peu près de la même façon qu'au Mexique. Des joueurs de musique accompagnent les pèlerins, on entendra la marimba, instrument typique du pays, et la flûte, jouée par les adultes c'est-à-dire en frappant au moyen de bâtonnets sur une carcasse de tortue attachée à la ceinture. D'autres essayent de faire de la musique avec deux coquilles de mer qu'ils frappent l'une contre l'autre ou avec des "macarons", sorte d'instrument de musique qui se confectionne à l'aide d'une petite citrouille à l'intérieur de la quelle on a introduit de petites pierres. Les gens suivent le défilé en chantant quelques cantiques à la Vierge ou des chants de Noël. On procède de la même façon qu'au Mexique pour la demande de la "Posada", hospitalité sollicitée par les pèlerins.
Durant l'après-midi du 24 décembre, arrive un cirque à Champérico, c'est la fête qui commence. Elle dure huit jours. Les camions du cirque parcourent les rues du village organisent leur stade, tentes, etc. A l'aide d'un haut-parleur, se font continuellement entendre les annonceurs, invitant les clients ou transmettent les sons d'une musique populaire. A minuit, les bruits se font entendre encore plus forts. Les cloches retentissent pendant plusieurs minutes, c'est un tumulte qui dure jusqu'au matin.
A Champérico, on ignore les fêtes familiales, les joies du foyer. Tous fêtent dans les rues, au cirque, aux danses, on s'amuse dans l'intimité du foyer.
A l'église, une crèche de Noël est préparée comme c'est la coutume avec des figurines de terre cuite faite au pays. Le tout est disposé d'une manière bien symétrique, par exemple les moutons s'en vont en file les uns en arrière des autres à égale distance, dans un droit chemin marqué de bande de soie colorée rouge qui est entouré de bran de scie coloré vert pour symboliser le terrain. On y a représenté des villages avec plusieurs petites maisons, le marché central avec une quantité de vendeuses de différents produits, un parc avec fontaine et oiseaux, un terrain d'élevage de dindes, poules lapins, crapauds, etc...et jusqu'à un couvent où les Soeurs se rendent en file et où un curé les attends à la porte... Au-dessus de tout cet assortiment de figurines, on décore un genre de baldaquin où pendent des boules de Noël retenues à de la chenille brillante de toutes les couleurs. C'est le genre de crèche populaire au Guatemala.
Les mets préférés des fêtes sont les "tomales", mets préparés avec du maïs auquel on ajoute des ingrédients, poulet ou autres. Ce mets est ensuite enveloppé dans une feuille de maïs et cuit avec son enveloppe. Il est servi tel quel.
La nuit qui précède le premier de l'an ressemble à celle du 24 décembre.
Céline trudeau
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Guatemala: Noël dans la rue
A Champerico, un petit
port du Guatemala, sur le Pacifique, Noël commence le 14 décembre. C'est le
jour de la première «posada», ces processions que l'on fait ici, comme au Mexique,
pour évoquer les démarches de Joseph et Marie, quand ils cherchaient un logement
dans Bethléem encombré. Des musiciens escortent le cortège. Les adultes jouent
de la flûte, les enfants «jouent de la tortue», comme on dit: ils tapent avec
une baguette sur une carapace de tortue attachée à la ceinture. ou ils frappent
l'une contre l'autre deux coquilles de mer, ou ils agitent des «maracas» faites
avec une petite citrouille vidée dans laquelle ils ont introduit des cailloux.
En tout cas on fait du bruit, et c'est bien l'essentiel.
Un cirque arrive le 24décembre
et la fête commence vraiment. Elle va durer huit jours. avec des parades, des
fanfares, les cloches qui sonnent, un vacarme qui culmine à minuit et ne cessera
qu'au matin.
A Champerico, m'a dit une
personne qui a vécu là-bas, on ignore les fêtes familiales. Tout se passe dans
la rue, au milieu des cris, des rires, des danses. Mais il y a aussi, à l'église.
une crèche, avec des figurines de terre cuite faites au pays. Une très grande
crèche, très originale, où l'on ne voit pas seulement les personnages principaux,
mais le village, avec ses habitants, ses professions. et même les petits animaux:
les poules, les lapins, les crapauds. Noël, ici, c'est vraiment «la fête de
tous).
Haïti chante Noël
Tandis que le Canada frissonne sous la neige, un soleil ardent dore la végétation luxuriante d'Haïti. Mais, malgré le contraste des climats, les célébrations de la fête de Noël sont identiques.
Oui, Haïti chante Noël! A cette occasion, en effet, éclatent, à pleines voix, à pleins curs, les sentiments brûlants suscités par cette fête dans l'âme haïtienne. Âme mystérieuse et combien profonde, ciselée d'art et d'harmonie.
A la paroisse St-Martin de Port-au-Prince, le programme de la nuit s'élabore à temps pour permettre au choeur à quatre voix mixtes, les répétitions nécessaires. Le maestro, Monsieur Désir, avec le sens du beau qui le caractérise, dirige les exécutants, tout heureux d'apporter leur concours à la préparations de Noël.
La célébration de la messe de minuit est précédée d'une heure de prières. Dans l'espoir d'une place à l'intérieur, on se tapit près de l'église dès 8 heures, se reposant dans la fraîcheur de la brise nocturne. Durant ces heures d'attente, pourquoi ne pa chanter et prier ensemble.
A 11 heures, la joie débordante s'exprime en couplets bien typiques et tous participent ainsi activement à la prière.
Noël! Noël! Noël!
Plein minuit nan savann nan
Youn lumièr sorti nan ciel
non pays Bethléem.
Noël! Noël!
Noël! Cé youn miracl Bon Dieu fait
Noël! Noël! Noël!
C'est minuit de la région.
Une lumière vient du ciel
au pays de Bethléem.
Noël! Noël! Noël!
C'est un miracle que Dieu a fait:
En plein minuit, une lumière
plus claire que le soleil.
Avec facilité et justesse, les refrains sont exécutés par tous. Chacun les transforme en sa propre prière, y passe son âme bien près de Dieu si l'on a Dié, si Dié vle, bon Dié bon.
Le moment de la plénitude est venu de lancer aux échos le vibrant "Minuit Chrétiens". Pas de Noël en Haïti sans ces mots pathétiques où la foi s'accentue aux accords mélodieux et toujours nouveaux, jamais assez exécutés. C'est l'âme d'un peuple qui s'exhale pour toucher le cur de Dieu devenu faible et petit; c'est le rappel d'un mystère étonnant de grandeur et de simplicité qui laisse interdit; c'est une tradition chère que l'on ne peut déraciner tant elle a de prise sur le besoin d'exprimer ses sentiments dans cette nuit ineffable.
Les couplets se succèdent. Pendant ce temps, le Père Curé prend le petit Jésus déposé sur l'autel et le porte en procession à la crèche préparée avec soin et amour. Le pin aux grandes aiguilles ainsi que les boules aux couleurs étincelantes complètent le décor de paix et de joie.
Suit un commentaire de l'Écriture par le Père Déjean quifait revivre cette historique où le Seigneur Jésus est devenu l'un de nous. L'assistance entière célèbre le mystère de la naissance de l'Enfant-Dieu, chacun y va de sa voix et de son cur. A St-Martin, l'on prie uni à la grande fraternité humaine.
La célébration eucharistique se termine dans un vibrant Alléluia qui descent en cascades pour signifier, il me semble, que l'on emporte tout le ciel chez soi et que cette joie spirituelle ne forme qu'un tout avec les réjouissances familiales.
C'est Noël aussi à la caye. Cela veut dire: menu de fête, robe et vêtements neufs et surtout un grand bal où la danse berce l'ivresse de ce jour. Tambour, trombone, castagnettes, cymbales, maracas sont de la partie; danses et chants se succèdent tard dans la nuit. Noël ne revient qu'une fois l'an: Noël si attendu, Noël si vécu, Noël si attachant!
Élisablth Vanchestein,
m. i. c. Le précurseur Vol XXVe no 1 Janvier-février 1968
La petite flamme de l'espoir
L'Irlande, c'est ce pays devenu profondément chrétien depuis le jour où Saint Patrick expliqua aux Irlandais la Sainte-Trinité en se servant d'un trèfle à trois feuilles. C'est aussi, hélas, un pays dont toute une partie est, depuis des années, déchirée par la guerre civile.
Cette année encore, il y aura dans chaque maison une crèche. Très souvent, jusqu'au jour des Rois, une bougie va rester allumée devant la porte des maisons, le soir, pour indiquer que si Marie, Joseph et Jésus passent par là, ils trouveront à se loger.
Le lendemain de Noël, les enfants vont se déguiser et parcourir les rues en un cortège bruyant. Ils s'arrêteront devant les maisons, dont ils entraîneront les habitants dans leur farandole.
Un Noël joyeux, un Noël
heureux, mais ce ne sera vraiment Noël dans toute l'Irlande que le jour où tout
le monde célébrera la fête sans arrière-pensée et où là bougie allumée sur le
seuil signifiera vraiment l'accueil cordial de tous les hommes. La flamme de
cette bougie, c'est celle de l'espoir.
Noël en Israël:
Noël fait partie ici des fêtes civiles.
Mais Noël, fête religieuse, n'existe pas pour les Juifs qui attendent le Messie. A la veillée pascale, chaque année, une coupe de vin reste pleine à la fin du repas: c'est la coupe du pauvre... c'est la coupe destinée au prophète Elie qu'on attend chaque année, et qui doit annoncer la venue pro-chaine du Messie. Les Juifs vivent l'avent...
Les chrétiens, par contre, fêtent Noël dans la trentaine d'églises qu'ils possèdent en Israël. Pour fêter Noël sur les lieux mêmes où Jésus est né, des milliers de touristes et de pèlerins font leur pèlerinage en Terre Sainte et participent aux cérémonies dans la basilique de la Nativité, à Bethléem et dans la grotte voisine.
On compte environ 100
000 chrétiens arabes: descendants des communautés chrétiennes qui ont
fleuri dans tout le Proche-Orient, du IV e siècle au VII e siècle. Nous
ne saurions trop admirer leur fidélité à la foi du Christ à travers douze siècles.
On trouve en Israël des
familles de Juifs convertis à la foi du Christ et des communautés religieuses
qui essaient d'être en toute vérité des témoins du Christ et les artisans du
rapprochement entre toutes les confessions et Églises. Depuis quelques
années, et pour la première fois, la messe est célébrée pour ces communautés
en hébreu, celui-là même qu'on parlait du temps de Jésus.
(Terre Lointaines - No.
235 - décembre '71)
Une sorcière distraite!
En Italie, c'est une sorcière coiffée d'un chapeau pointu et à cheval sur un balai qui, la nuit de Noël. va de maison en maison glisser dans les cheminées des cadeaux à l'intention des enfants. Une sorcière. mais qui n'a rien de malfaisant. Elle est seulement distraite. Les bergers, dit la légende, montrèrent à la Befana, l'étoile indiquant la direction de Bethléem, mais, trop pressée, elle oublia de regarder exactement de quelle étoile il s'agissait et, depuis, elle court le monde en la cherchant.
On voit souvent l'image de la Befana, par exemple aux fenêtres des maisons, en Italie, pendant le temps de Noël, mais il y a aussi dans ce pays toutes sortes d'autres coutumes. Dans le sud, les bergers descendent des montagnes et vont jouer de la flûte devant les églises des villes. A Rome, dans la basilique de l'Aracoeli, les enfants viennent devant une statue représentant Jésus, réciter des poésies. Le soir de Noël, partout, on invite des amis pour faire un grand dîner où l'on mange du poisson, un ragoût d'anguilles avec des ravioli ou des spaghetti; les pantoni, un pain épicé, sont aussi un aliment typique de Noël en Italie.
Il y a encore le curieux
spectacle de Mineo, dans la province de Catane. Trois anges et trois diables
discutent de la réalité de la venue du Messie... La discussion s'envenime,
tellement que l'on en vient aux coups. Les diables finissent par sortir
de l'église, sous les gifles que les fidèles leur distribuent au passage.
Heureusement, le soir, en récompense, ce sont eux qui auront le droit de choisir
les premières bouchées du banquet, car Noël est aussi la fête du pardon et de
la réconciliation.
Ce pays comprend peu de chrétiens. Noël a une célébration plutôt commerciale. A peu près partout foisonnent les bonhommes de Noël, les arbres de Noël.
Cependant, les chrétiens ont coutume de s 'assembler à l 'église du poste pour la messe de minuit. Après la célébration, on s 'amuse à la salle de la paroisse. Plusieurs sont venus des montagnes. Ils ont apporté du riz rose relevé de fèves rouges (mets des grandes fêtes), des oeufs cuits durs, des radis marinés, des gâteaux de fèves rouges pilées et sucrées. Et comme les premiers chrétiens, on s 'assemble pour manger.
Au Japon, on n'échange pas de cadeaux comme nous avons coutume de le faire ici.
Naturellement, c 'est une poupée japonaise qui représente l'Enfant Dieu dans la crèche.
En certains endroits, ce repas en commun est suivi de sketches, de danses, de chants improvisés. Et l'on se quitte au petit matin.
Madeleine Mallet,
m. i. c.
Japon: Comme les premiers chrétiens
Le Japon est un pays très occidentalisé. Trop peut-être, au moins d'un certain point de vue. C'est pourquoi Noël n'y a pas un caractère bien particulier. Ce sont, comme partout, les rues décorées, les illuminations, une profusion de «Pères Noël», les magasins pleins de monde.
Les chrétiens sont très
peu nombreux au Japon: 700.000 environ.
Ils ont cependant leurs
communautés, leurs églises. Ils s'y retrouvent pour Noël, le soir en général,
la messe de Minuit ne se fait plus guère. Après la célébration, on se
retrouve à la salle paroissiale. Certains sont venus des montagnes (le
Japon est un pays très montagneux). Ils ont apporté du riz rose, relevé
de fèves rouges (c'est le mets des grandes fêtes), des ufs durs, des radis
marinés, des gâteaux de fèves rouges pilées et sucrées. Comme les premiers
chrétiens, ils se rassemblent pour manger. Parfois, le repas est suivi
de jeux et de chants, qui dureront jusqu'au petit matin.
À l'office en traîneau
Dans les maisons pas un
grain de poussière. Tout a été astiqué, frotté. C'est la fête de la propreté.
Dans la meilleure pièce trône le sapin1 surmonté d'une étoile de paille. Oui,
de paille. Parfois, ce sont les enfants qui l'ont tressée eux-mêmes. Aux branches
de l'arbre pendent, de même, des figurines de paille représentant des chèvres.
Ces figurines font partie de la décoration traditionnelle de Noël dans les pays
scandinaves et, en Finlande, c'est une chèvre poilue qui apporte les cadeaux
aux enfants.
Le repas de Noël est pris
à 20 heures précises. Puis, après le dîner, on se met en route. Les familles
se rendent au cimetière pour disposer des bougies sur les tombes. Le lendemain,
on ira à l'office de Noël, et souvent ce sera en traîneau.
Noël à Madagascar revêt un charme spécial à cause de cette affluence de gens aux murs primitives qui nous viennent des brousses les plus éloignées. Ces gens simples, qui ne connaissent pas le respect humain, attendent des heures près de l'église pour défiler à leur tour au "confessionnal" afin de pouvoir s'approcher de la table Sainte. Enveloppés de leurs couvertures multicolores, ils attendent patiemment les "tableaux vivants" exécutés par les élèves et professeurs de l'école catholique dans l'église même. L'église, qu'elle soit petite ou grande, devient alors, remplie comme un uf et nous pouvons constater dans cette foule la présence en grand nombre de musulmans, de protestants autant que de catholiques. La crèche est préparée par les gens de la paroisse et baigne dans un flot de lumière. (des bougies le plus souvent). Des chants sonores en rapport à la fête accompagnent tableaux vivants et messe de minuit.
Comme la distance est grande pour regagner la demeure après la messe, souvent on se repose dans l'église même, étendant par terre sa couverture et l'on dort un peu en attendant la venue du jour. Ce sont les pauvres apparentés aux bergers de Bethléem qui ont reçu les préférences de l'Enfant Jésus. Toute la journée se passe dans la joie pour la famille qui reçoit des invités pour le repas du soir. C'est alors que les femmes surtout doivent avoir une toilette nouvelle. Dans les grandes villes, on fête Noël un peu plus à l'européenne mais, il n'est pas encore dans la coutume de donner ou recevoir des cadeaux. Le réveillon de Noël n'existe à peu près pas ici, probablement à cause de la grande pauvreté des gens.
Donc, ce qu'il y a de plus typique à Noël, ce sont les tableaux vivants avec beaucoup de tapage et de chants.
Marie-Thérèse
Comme pour tous les autres peuples, Noël est aussi pour les Africains une fête tout à fait spéciale; ils aiment à faire quelque chose d'extraordinaire. Cela m'a toujours impressionnés de voir que même dans les endroits les plus reculés, on sait que c'est Noël! On n'a pourtant pas de calendrier et ce n'est pas la neige qui annonce Noël. Quand même, on ne s'y trompe pas, on s'y prépare des mois à l'avance. On est heureux à la pensée de cette grande fête qui apporte de la joie à tous. Pourquoi est-on heureux? On ne sait pas, mais on est heureux de fêter. On pense au menu de ce jour, car pour fêter, il faut manger. Si la récolte est manquée et la nourriture très rare, on va se priver des semaines pour avoir à Noël un repas que l'on partagera avec d'autres. Les jour venu, les gens de deux ou trois villages se réunissent. Chacun apporte un peu de farine et autour du feu, on mange ensemble le repas de Noël. On danse, on chante toute la nuit, on se communique sa joie. Pour les chrétiens et les aspirants au baptême, Noël est encore une bien plus grande fête. Quelques jours avant, on entreprend par groupe la route à la mission qui se trouve parfois à 30, 40 et même 75 milles de distance sans oublier le cadeau au petit Jésus lors de la messe de minuit. A la mission, ils sont des centaines, morts de fatigue, ceux qui dorment par terre en attendant le signal de la cloche. Tout le monde se rend à l'église puis l'on chante, chante, chante si fort que les anges du ciel doivent certainement entendre. Puis les chants de Noël en citumbuka sans oublier Alléluia! On peut à peine remuer dans l'église. Un grand nombre de non-chrétiens ne peuvent résister à la tentation et viennent aussi à la messe cette nuit-là. Après la célébration, on va voir l'Enfant-Jésus et l'on dépose son cadeau. J'étais vraiment surprise de trouver près du petit Jésus des ufs, un petit savon, des épis de blé d'Inde, des sous, une petite bouteille, des épingles à ressort, même un petit morceau de tissu pour couvrir l'Enfant-Jésus. Toutes ces choses si banales qui pourraient nous faire rire sont pour ces pauvres gens une part de leur fortune. Après avoir prié autour d'un feu, on mange, on chante sans se lasser jusqu'à la messe du jour.
Les Africains ont aussi
entendu dire que les Européens se donnent des cadeaux ce jour-là. On s'empresse
d'aller frapper à leur porte
Les chants créoles
Macouba, c'est un village au nord de la Martinique, dans les Antilles. La Martinique est un département français, mais les Antilles ont leur mode de vie bien à elles, comme elles ont leur climat: tropical.
A Macouba, comme partout à la Martinique, pour Noël, on tue le cochon. On l'a engraissé toute l'année et on le mange à Noël.
Avant cela, il y aura
eu la messe de minuit, pleine de musique, de couleur. Puis on se retrouve dans
les familles, autour de plats de boudins et de côtelettes.
Entre les plats, on chante
de curieuses chansons, souvent très anciennes, des chants créoles, (on
appelle créoles les gens qui ne sont pas noirs mais qui sont nés dans les îles)
à la fois doux et mordants, qui sentent le rhum et la cannelle et qui sont faits,
souvent, pour se moquer des gens et des choses.
Vers le soir, le 14 décembre, s'organise les "Posadas". Le mot "posada" qui veut dire maison de pension pour les voyageurs, est devenu le terme usuel pour signifier la pieuse coutume établie en Espagne. La veille de Noël qui consiste à commémorer le long voyage de la Vierge et de Joseph arrivant à Bethléem. Fatigués de la route, ils frappent aux maisons pour demander l'hospitalité qui leur est d'abord refusée, puis ensuite donnée pour passer la nuit.
Au Mexique, un Père franciscain a intensifié cette coutume sous forme de neuvaine préparatoire à la fête de Noël. C'est donc pendant neuf jours que se célèbrent les "Posadas" à la tombée de la nuit.
Les statues de la Vierge et de saint Joseph, habillées en pèlerins et coiffées d'un chapeau de paille de voyageurs, sont décorées et placées sur un brancard qui est porté solennellement par quatre jeunes filles. A la sortie de l'église, où avait lieu le départ du brancard, des enfants se joignent au groupe, l'accompagnent de chaque côté. Ils éclairent de leurs flambeaux le passage des pèlerins qui sont précédés de petits bouts d'hommes ouvrant la marche. Le défilé est accompagné de joueurs de "maracas", de castagnettes, de clochettes... Tous les participants prient ou chantent des cantiques à la Vierge ou des chants de l'Avent.
Arrivés à la maison qui
doit recevoir la "Posada", un groupe de chanteurs entre à l'intérieur
pendant que l'autre groupe reste à l'extérieur pour la demande de l'hospitalité.
On frappe d'abord, puis on entonne la demande, le groupe à l'extérieur répond
en chantant, en refusant et ainsi, on alterne jusqu'au consentement des gens
de la maison. Alors, tous les gens accompagnant les statues, pénètrent
dans la maison. Le brancard est déposé sur une table décorée , préparée
à cet effet. Les prières de la neuvaine sont alors récitées,
on entonne des chants et les statues seront les hôtes de cette maison jusqu'au
soir suivant, où de nouveau, les gens se réuniront pour aller demander la "Posada",
l'hospitalité à une autre demeure, ayant, ainsi on fera durant les neufs jours
qui précèdent Noël. Les gens de la maison remettront des vonvons aux enfants
qui ont pris part au défilé,
Le 24 au soir, les statues
reviendront à l'église pour être présentes à la Messe de Minuit, à la naissance
du Sauveur.
Céline Trudeau
Mexique: Une fête pleine d'allégresse
Au Mexique, Noël, c'est une fête pleine d'allégresse. Pendant tous ces jours-là. la ville est pleine de bruit et d'agitation.
Tout commence neuf jours avant le 25 décembre. Chaque nuit vont se succéder ce que les Mexicains appellent les posadas (un mot qui veut dire auberge en espagnol). Joseph et Marie, à Bethléem, cher-chèrent en vain de la place dans les auberges avant de se contenter d'une étable. Au Mexique, les posadas sont des cortèges que forment des bandes d'amis. En tête marchent des personnages représentant Marie, Joseph, les Mages, les bergers. On chante des cantiques et on va frapper aux portes. demandant une place que partout on refuse.
Jusqu'à ce qu'enfin, la neuvième nuit, frappant à la neuvième porte, celle-ci s'ouvre sur un chant de bienvenue.
C'est une manifestation religieuse. C'est aussi une manifestation joyeuse, car chaque procession est prétexte pour rendre visite aux amis, pour aller admirer les uns chez les autres la décoration de Noël, et la neuvième nuit, c'est un déchaînement de gaieté au milieu des musiques et des illuminations.
Quant aux enfants, pendant
ce temps-là, ils font les pinates. Celles-ci sont des pots, brillamment décorés
avec des papiers de couleur, et qui pendent au plafond du patio, dans les maisons
du Mexique. Un des pots est rempli d'eau, un autre de confetti et le troisième
de friandises. Les enfants forment un cercle autour des pots, sauf
l'un d'entre eux qui, les yeux bandés et armé d'un bâton, doit essayer
de casser un des pots, en espérant que ce sera celui où il y a les bonbons.
Le pays où Jésus est né
En Palestine, dans le
pays où Jésus est né, on célèbre trois fois Noël: une première
fois, le 24 décembre, c'est la Noël des chrétiens catholiques et protestants;
la seconde fois, le 5 janvier, c'est celle des Grecs orthodoxes. des Coptes.
des Syriens. Le 17 janvier, enfin, c'est le tour des Arméniens.
Mais dans l'église de la
Nativité 'à Bethléem, brillent ensemble les lampes allumées par toutes les Églises
chrétiennes, et, finalement. c'est bien le même Christ que célèbrent ici tous
les Chrétiens
Le malheur veut que le
pays du Christ soit aussi. aujourd'hui. un de ceux que déchire un des plus douloureux
conflits de notre temps: il dure à présent depuis plus de trente ans.
Mais peut-être commence-t-on enfin à entrevoir le temps où les jeunes Israéliens
et les .jeunes Palestiniens pourront vivre ensemble sans se haïr!
Cette année encore. c'est
à cela que penseront les pèlerins des différentes religions qui, venus de tous
les pays du monde, partagent la même foi en se prosternant autour de l'étoile
d'argent qui dans une chapelle souterraine évoque l'endroit où l'on pense que
Jésus est né.
Dans certaines parties de ce pays, le 25 décembre est la veille de Noël. De fait, ce n'est que le 26 que l'on célèbre cette fête.
A peu près partout aux Philippines, ce sont les ninong et ninang (parrains et marraines) qui font des cadeaux aux enfants. Mais à Tatay, dans la région de Risal, ce sont les filleuls et filleules (surtout ceux de 15 à 19 ans) qui donnent des cadeaux à leurs parrains et marraines. Mais le 6 janvier, ce sont les enfants qui reçoivent des cadeaux des ninong et ninang. Cette coutume prend fin au mariage des enfants, car les parrains et marraines donnent en guise de cadeau un certain montant d'argent.
Quels sont les mets de Noël aux Philippines? A Tansa, Cavite, on sert le politaw ou pulitang, sorte de gâteau gluant qu'on mange en buvant du thé. Cet aliment est servi comme symbole de bonne fortune et n'est mangé qu'à Noël et au Jour de l'An.
Au Négros Oriental, à Sibulam, Alan et Tanjay, on ne décore pas les maisons de clinquants ou de lanternes, mais plutôt on utilise des tiges de riz, des régimes de bananes, etc. Et dans la province de Negros Oriental, les chanteurs de Sta Catalina apportent avec eux des paniers que les gens du barrio remplissent de légumes, de fruits et de riz.
A Sévilla, Boel, Iles Philippines, les chanteurs de cantiques de Noël commencent leur tournée le 24 décembre et la poursuivent jusqu'au 2 février. Les gens qui en ont les moyens servent les trois repas par jour aux chanteurs.
Madeleine Maillet, m.
i. c.
Une place vide au
bout de la table
En Pologne, la veille de
Noël, on jeûne. Mais lorsque la première étoile apparaît au ciel, les Polonais
se mettent à table pour souper. On a répandu de la paille sous la table, afin
d'évoquer l'étable de Bethléem. L'oplatek circule de main en main: c'est une
mince galette dont les deux faces sont ornées d'une image rappelant une scène
de la Nativité. Le père d'abord, puis chaque membre de la famille en prend un
morceau avant de le passer à la personne suivante. Ensuite, après le souper,
on se réunit autour de l'arbre et on chante des cantiques. Les enfants ont déposé
une lettre sur le rebord de la fenêtre, afin que les Rois Mages ou "l'Etoile
Mère" la prennent en passant. Plus tard, ils iront de maison en maison.
jouer de petites pièces. Ils transportent pour cela leur décor avec eux, une
sorte de toile appelée szopka sur laquelle ils ont peint le cadre de leur scène.
Noël, en Pologne, c'est
aussi la fête des absents. De tous les absents. On peut envoyer l'oplatek par
la poste, un peu comme chez nous on envoie des cartes de vux, à ceux qui
sont loin. Et, au repas du 24 décembre, on prévoit toujours à table une place
vide, pour le cas où Marie, Joseph ou Jésus passerait par là et se joindrait
à la fête.
«La Sainte Famille» est de la famille!
Il n'y a pas encore beaucoup de sapins de Noël au Portugal, pas de branches de houx, pas de guirlandes voyantes; ce sont des coutumes qui ne s'y répandent que lentement. C'est ici un pays aux habitudes sobres et sévères.
Noël est pourtant la fête a plus importante de l'année, mais c'est une fête essentiellement religieuse. S'il n'y a pas de sapin, il y a un bois de Noël. C'est un arbre que le notable de chaque village offre aux jeunes gens. Ceux-ci doivent le couper et le ramener dans un char, très décoré. que tirent des bufs. On le bénit sur le parvis de l'église et on y met le feu le 24 décembre pour qu'il brûle durant la nuit. On dit que ses restes non consumés protégeront de l'orage pendant tout le reste de l'année.
A Madère, voici quelques
années encore, les fidèles allaient prier à l'église pendant tous les jours
précédant Noël; ils disaient que c'était pour aider Marie dans son accouchement.
C'est qu'ici, dans chaque maison, les membres de la "Sainte Famille"
faisaient vraiment partie de la famille.
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En Ukraine, Russie, les chrétiens fêtent Noël le 6 janvier.
La veille a lieu le Siviata Wecara (saint souper) pendant lequel on sert douze plats différents en l'honneur des douze apôtres. Après ce repas, on se fait un devoir laisser sur la table une assiettée de polach (pain tressé) entre deux chandelles allumées en mémoire des défunts de la famille.
Quand la nuit est tombée, les chanteurs de cantiques de Noël vont d'une maison à l'autre, portant des lumières en forme d'étoiles. Ils chantent la gloire du divin Enfant.
Autrefois, en Ukraine, c 'était la coutume de s'abstenir de viande pendant les trente-neuf jours précédant la fête de Noël.
Madeleine Maillet, m.
i. c.
Russie: Les petits enfants de Baboushka
En Russie, les parents racontent parfois aux enfants l'histoire de Baboushka. Ce mot, là-bas, veut dire grand-mère. L'histoire dit que, par une froide nuit d'hiver, avec une neige épaisse à l'extérieur, Baboushka fit un grand feu de bûches de pin dans sa petite hutte. Elle était assise devant le feu, se réchauffant, heureuse d'être à l'abri du vent froid, quand, alors qu'elle somnolait, un grand coup fut frappé à sa porte.
Dehors, se trouvaient trois hommes âgés qu'elle n'avait jamais vus auparavant. Leurs vêtements étaient étranges mais leurs visages étaient bons et sages, et Baboushka vit qu'ils tenaient dans leurs mains des cadeaux précieux. Priant Baboushka de les accompagner, les hommes expliquèrent qu'ils avaient suivi l'étoile et qu'ils apportaient des présents à Bethléem. Mais Baboushka, regardant au-delà d'eux, vit combien était froide la plaine couverte de neige à la lumière des étoiles, et, se retournant vers e feu magnifique aux flammes scintillantes, elle secoua la tête, parce qu'elle était vieille et fatiguée et ne pouvait pas envisager l'idée d'un voyage Si long. Alors les hommes sages quittèrent Baboushka et le se remit devant le feu.
Mais elle n'était plus satisfaite. Le lendemain elle remplit son panier de jouets et de petits cadeaux et le mit en route pour rattraper les hommes sages. Malheureusement, la neige était tombée pendant la nuit et il n'y avait plus une trace de pas qu'elle put suivre. Elle s'informa auprès de beaucoup de gens et voyagea des jours et des jours, mais elle ne retrouva jamais les hommes sages.
C'est depuis lors que Baboushka visite à la Noël chaque maison, déposant jouets et cadeaux pour les enfants, et puis se hâtant vers la maison suivante en disant: "Plus loin, Baboushka, plus loin...".
Une variante de la légende de Baboushka raconte qu'elle trompa volontairement les hommes sages dans leur recherche de Bethléem. Une autre dit qu'elle ne voulut pas accompagner ces étrangers avant d'avoir fini de filer sa laine et que pendant ce temps la neige recouvrit les traces des mages. D'après une autre légende encore, la veille femme aurait refusé d'abriter Marie, Joseph et Jésus en fuite vers l'Égypte...
Aujourd'hui, Noël, en Russie, a pris un caractère différent. Le Père Givre a remplacé le Père Noël, sinon Jésus et le sapin de Noël n'est plus qu'un sapin de Nouvel An! A Moscou, beaucoup d'enfants vont à la fête de Noël au Kremlin, puis rentrent chez eux pour souper: soupe de poisson, koulibiac (feuilleté de saumon, flan de semoule et de raisins secs, thé bouillant... Mais les écoliers russes n'ont plus, comme autrefois, le droit de rapporter à la maison une branche de sapin de Noël que l'on dressait dans les écoles et que l'on couvrait de cadeaux.
Les coutumes comme les langues des pays scandinaves sont semblables. Les jours précédant Noël sont consacrés en grande partie à la préparation des mets pour le temps des fêtes.
Un soin spécial est aussi apporté aux oiseaux et animaux à cette époque de l'année. Leur ration de nourriture est plus soignée car selon une vieille tradition européenne, on dit que le soir de Noël, les animaux ont la possibilité de parler pour rendre hommage à Jésus avec tous.
Afin que les oiseaux puissent sans danger se nourrir selon leur désir, on prépare des grains au bout d'une longue pôle placée dans la basse-cour. Là, ils peuvent se nourrir en toute sécurité, car là comme ailleurs, les chats n'ont pas toujours acquis l 'esprit de "Paix sur terre ".
Les arbres de Noël ont
leur place dans le décor de Noël depuis longtemps puisque les conifères poussent
abondamment dans les pays scandinaves. Des drapeaux miniatures font
aussi partie du décor habituel.
Juste au sommet de
l'arbre de Noël, la coutume veut que l'on place trois chandelles symbolisant
les trois Mages. D'autres décors peuvent inclure des petits lutins habillés
de rouge avec un chapeau pointu et de longues barbiches. On les appelle
les "Jule-nissen" invisible et aimant la confusion, on leur attribue
toutes formes de confusion. On dit qu'ils se prom;enent sur des "jule-buken"
ou chèvres. Parmi les ornements de Noël, on peut aussi remarquer les poupées
de paille ou de laine: garçonnets, fillettes, poules, chèvres et autres
animaux qu'on appelle le "jul-docka".
En Suède, la saison de Noël commence vraiment avec la fête de Sainte-Julie, le 13 décembre, quand la fille aînée de la famille s'habille tout de blanc avec ceinture rouge en portant sur sa tête une couronne de verdure avec 12 chandelles. Au matin de Noël, il lui revient d'éveiller la famille et d'apporter au lit de chacun un café et des gâteaux. Dans bien des villes, c'est l'occasion de choisir sa "Reine Lucie" de l'année.
L 'histoire de Sainte
Lucie fut racontée au peuple scandinave par les missionnaires venant du sud
de l'Europe. Le peuple l'a choisie pour être patronne des jeunes filles.
Comme sa fête patronale arrive au moment de la fête païenne de la déesse de
la lumière (fêtée au moment où les journées commencent à allonger), les chrétiens
ont voulu transposer cette fête par celle de Sainte-Lucie. C'est ainsi
que naquit la coutume de porter sur la tête
une couronne de chandelles
pour fêter la fête chrétienne de la lumière: Noël, et devenir partie
intégrante de la Sainte-Lucie.
"Cledelig Jul"
(norvégien)
"Glad Jul"
(suédois)
Les enfants de Syrie croient qu'un jeune chameau, le chameau de Jésus Enfant, leur apporte des cadeaux à Noël.
Une jolie légende de ce pays raconte qu'un petit chameau de la caravane des trois Rois-Mages se trouva si fatigué en arrivant à Bethléem qu'il s'effondra près de la crèche. L'Enfant-Jésus le toucha de sa petite main et lui conféra le don d'une vie sans fin.
C1est cette belle histoire qui est à l'origine de ce que croient les petits enfants de ce pays. Ce serait le chameau de Jésus qui voyage encore pour leur apporter des cadeaux.
Madeleine Maillet m. i.
c.
À s'en lécher les doigts
Au Venezuela, la messe de Minuit s'appelle Misa del Gallo.
Puis chacun rentre chez
soi, car s'il y a dans le monde entier une caractéristique de la fête de Noël.
C'est que partout il s'agît d'une fête de famille. On mange des hallaces,
qui sont des sortes de pains faits de farine de maïs, de viande de porc et de
poulet, roulés dans des feuilles de plantain; et au dessert, ce sont des dulche
de lechoza, une friandise faite de papayes vertes arrosées de sucre brun. Les
enfants adorent ça. D'ailleurs, ce sont des mets qui sont spécialement
préparés pour Noël et qui ne se consomment jamais pendant le reste de l'année.
La fête de l'accueil
Ce qui caractérise le plus, peut-être, Noël au Zaïre, c'est l'atmosphère d'accueil et de partage dans laquelle la fête se déroule. C'est d'ailleurs une tradition, mieux: un élément de civilisation dans toute l'Afrique noire. On ne mange jamais seul, on vit en groupe, la table est toujours ouverte pour les amis. Cela se retrouve particulièrement à Noël.
A la messe de minuit,
pour les catholiques, il y a une atmosphère de ferveur joyeuse.
Après la messe, ce sont les chants et les danses. Le lendemain, c'est
le repas de gala, à midi, avec le poulet accompagné de riz - en temps ordinaire,
on se contente de manioc - avec des piments et du seke-seke (des feuilles
de manioc découpées).
Quiconque passe par là peut s'inviter, il sera le bienvenu. Cette tradition
de l'hospitalité existait autrefois aussi dans les pays d'Europe. Elle s'est
perdue. En Afrique, elle est toujours vivante.